Michael Jackson, la légende, un ange brisé

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

Michael Jackson, la légende, un ange brisé

Le 25 juin 2009, Michael Jackson disparaissait à l’âge de 50 ans. Comme il l’avait prédit. Il y a donc deux ans, l’un des plus grands artistes du monde mourrait, laissant derrière lui des millions de fans, abandonnés, abasourdis, se demandant comment était-ce possible.

Le 22 juin 2011, Michael Jackson a été élu meilleur chanteur de tous les temps d’après un sondage organisé par le célèbre magazine anglais NME.

Michael Jackson devance Freddie Mercury, classé second et Elvis Presley arrive 3ème du classement. Le sondage, mis en ligne sur le site NME.COM a réuni près de 10 millions de votes et a généré plus de 4000 commentaires Facebook.

Ce qui montre l’importance de Michael Jackson dans l’actualité musicale deux ans après sa disparition.

Que retenir de Michael Jackson, et surtout que retenir de sa mise en valeur médiatique et de la relève de cet artiste planétaire ?

Comme pour tout artiste, on peut dissocier l’homme du musicien, tout en essayant de réserver une part importante et équivalente à chacun. Le musicien est très talentueux. Poussé non sans mal par son père vers la musique, faisant parti du super groupe familial The Jackson’s Five, puis devenant, à force de travail (forcé ?) par son père Joe, un soliste hors pair avec une voix de cristallin (comme on peu l’entendre dans I’ll Be There ou Ain’t No Sunshine).

Il est alors l’âme de ce groupe, un groupe de funk, dans la parfaite mouvance que Stevie Wonder et James Brown, par exemple, avait impulsé sur le label Motown.

Diana Ross prend déjà une grande importance dans la vie du jeune Michael en les présentant dans leur premier album. L’ascension fulgurante du groupe entraine Michael et ses frères dans une popularité sans faille : pour preuve, comme les Beatles, les Jackson’s auront droit à leurs cartoons. Parallèlement, il sort ses premiers albums à l’âge de 13 ans, avec un retentissement cependant à ne pas négliger. Malgré tout, les désaccords entre Berry Gordy et Joe Jackson obligent les Jackson’s à quitter Motown pour Epic, et cela au moment ou Michael commence à se faire de plus en plus indispensable pour le groupe mais aussi pour la société américaine, avec la « Michaelmania ».

Si Diana Ross est importante pour Jackson, c’est aussi car indirectement, grâce au tournage de « The Wiz », elle lui fait rencontrer Quincy Jones. De leur rencontre naitra deux magnifiques albums : Off The Wall, qui suit le triomphe des Jacksons avec leur album Destiny, dans la pure tradition funk-soul-disco de la fin des années 70. C’est un album frais qui contient aussi des compositions de Wonder et Mc Cartney et qui rend populaire Michael en solo. Bien sur, c’est 3 ans plus tard que Jackson se découvre avec Thriller.

Bijou d’album, unanimement reconnu dans le monde entier, en tête des ventes côtoyant les Beatles et Queen, c’est l’album du succès interplanétaire. La raison principale est qu’il est bien écrit : on y retrouve Rod Temperton, qui écrit Thriller, mais aussi de très bons musiciens. A la confluence de plusieurs genres musicaux, cet album est inclassable, et c’est pourquoi il est unique.

Il y a un avant et après Thriller. La notoriété n’est plus la même, et Michael non plus. Talentueux, ce petit garçon devient une star mondiale a à peine 30 ans. Il s’offre Mc Cartney dans ses albums, mais aussi financièrement puisqu’il rachète le catalogue Beatles, enregistre avec Freddie Mercury….rien ne lui est refusé. Suit de très bons albums musicalement, comme Bad. Le style se transforme à la mesure de l’évolution du personnage et de l’homme, pour aboutir à Dangerous, l’œuvre engagée de Michael Jackson, avec Earth Song ou d’autres.

La suite, on la connait…

Alors, on oblige Michael à sortir un album de remix, pour coller à la révolution dance, et Invincible, sorti en 2001 n’est musicalement pas d’une grande nouveauté. Sans compter le nombre importants de best-of’s ou de compilations sortis, comme HIStory, ou encore Number Ones.

On l’aura donc compris, Michael Jackson est un musicien talentueux, avec une voix magique et un talent de danseur et de « showman » incomparable. Il influence musicalement de nombreuses personnes. Mais, avec la notoriété, on s’intéresse souvent de plus en plus au personnage, à ce qu’il est, à ce qu’il combat, à ce qui le choque et à ce qui l’apaise. N’oublions pas que derrière tout musicien se cache un homme. Un homme qui apparait, à la lecture de ses chansons, intelligent, hypersensible, et engagé à la protection de la planète, et à la limite agressif sur certaines chansons.

Il s’engage pour de grandes causes aussi, comme la faim dans le monde et la tolérance entre les hommes avec des chansons comme We Are The World, en 1985, l’année des concerts caritatifs, mais aussi Heal The World, Black Or White ou encore Man In The Mirror.

Mais, il s’y engage aussi financièrement, en devenant le premier artiste à donner autant d’argent aux œuvres caritatives (jusqu’à être inscrit une deuxième fois dans le Guinness Book des Records, après avoir été la meilleure vente de disques avec Thriller. L’homme a une philosophie, humaniste mais aussi respectueuse de la nature, ce qui en fait une des figures de proue du combat écologique. Derrière toutes ses chansons, il y a donc un message. Comme pour Dylan en 1963, par exemple. Ce qui en fait un véritable engagé.

Plus qu’engagé, Michael Jackson était cultivé. Admirateur (presque) secret de Leonard de Vinci et de la Renaissance, il comptait parmi ses amis Gonzague Saint-Bris, un historien moderniste fameux. Auteur de « Au Paradis Avec Michael Jackson », Gonzague Saint-Bris nous livre un portrait sincère et fidèle de l’homme Michael Jackson. Devenant son confident, il le suit à Libreville, au Gabon, et passe ses soirées à disserter sur Louis XIV, Charles Perrault et Nicolas Poussin entre autres. Certes, le ton est volontairement élogieux, mais malgré tout, il traduit bien certaines vérités, et est peut être une véritable biographie de Michael Jackson, l’homme, le philosophe, l’historien avant d’être le musicien et chanteur.

Michael Jackson, c’est aussi un tempérament enfantin, pour celui qui déclare souvent ne jamais avoir eu d’enfance (dans la chanson Childhood, qu’il annonce même comme la plus autobiographique de ses chansons). D’où l’émerveillement devant la nature, la rage face à l’inefficacité des politiques face aux problèmes du « tiers monde », et principalement du continent africain, puisque c’est bien la ses origines premières, comme tout afro-américain qui se respecte. Finalement, cette culture héritée de ses racines, combiné aux engagements et à une maitrise de l’art musical quasi parfait, et bien accompagné car richissime, font de Michael Jackson un chanteur complet, le « King Of Pop », voire plus !

Dresser le portrait de Michael Jackson n’était déjà pas simple. Brosser le portrait de ce qu’il reste de lui et faire le récit de ce qui s’est passé depuis deux ans est encore plus compliqué.

Le temps de l’émotion et des hommages a été la loi, suivi d’un temps d’exposition médiatique extrêmement long. Raison encore de mesurer le choc qu’a provoqué sa mort dans la sphère musicale mondiale.

Les fans, bien sur, sont meurtris par cette terrible nouvelle. Mais, c’est aussi le temps de rendre hommage pour les artistes. Akon, mais aussi Madonna, son amie, Stevie Wonder, et de centaines d’autres, allant même jusqu’à Charlotte Gainsbourg et Sheryl Crow, vont rendre hommage au formidable musicien qu’il est. C’est aussi le cas de la chanson We Are The World, remixée pour rendre hommage à Jackson et pour se mobiliser face au problème d’Haïti, même si elle ne surpasse en aucun point la version originale de 1985, qui était quand même portée par de nombreux artistes d’une grande carrière comme Bruce Springsteen, Bob Dylan, Stevie Wonder, Paul Simon, Lionel Richie et Diana Ross entre autres.

Avec le recul, on peut considérer aisément que l’année 2009 est l’année où l’on a le plus entendu Michael Jackson. La sortie de This Is It, le film qui a pour cadre les répétitions de Michael Jackson pour ce qui devait être une tournée grandiose, a attiré de nombreux visiteurs. Des cinémas aux grandes surfaces, en passant par les couvertures des magazines, Michael Jackson était partout. Comme en 1983. L’aspect financier d’une telle manœuvre n’est pas à négliger (il était criblé de dettes) mais aussi moral : l’hommage devient une sorte de passage obligé pour chaque débutant en musique, ou en danse, se sentant obligé de lancer un « Michael, We Love You » en plein concert.

Malgré tout, 2 ans après, on peut, avec un peu plus de recul, analyser la relève. Qui peut bien reprendre le flambeau de Michael Jackson ? Usher s’est déjà autoproclamé successeur de Michael Jackson.

Les sosies ont, eux aussi, comme prétention de devenir « le nouveau Michael Jackson », comme l’annonçait une émission de W9 récemment. Cette émission s’est révélé être une double arnaque : tout d’abord par une volonté de faire de l’argent sur le « dos » de Michael Jackson. Voilà ce que W9 déclare à l’époque : « A la moindre diffusion d’un documentaire, d’un clip sur Michael Jackson, les spectateurs se massent devant leur écran. Et les émissions de talents musicaux font un tabac. Mixez les deux: vous avez des recettes assurées». La mort des stars internationales fait vendre. W9 a senti le bon filon, et quoi de plus simple, que de faire appel aux fans de Michael Jackson pour faire le spectacle de l’émission. L’émission n’a pu en devenir que médiocre et fût largement critiquée par les fans sur le net.

Mais heureusement, il existe des artistes qui sont plus discrets, et qui ne cherchent pas à mettre en avant une filiation de manière aussi criante. On peut évoquer deux « arts », à savoir la musique et la danse.

Dans la musique, comme nous l’avons dit précédemment, le « King Of Pop » a eu une grande influence sur de nombreux artistes. De même, on compare de plus en plus facilement de nouveaux artistes de tout bords à Michael Jackson (encore le cas avec Breakbot, dans le morceau électro Fantasy sorti en 2011 sur Ed Banger Records). A la même manière que Bob Marley, il a su toucher tout les genres musicaux. De nouveaux artistes comme Irma, Ayo ou même Ben Harper et d’autres sont touchés par Michael Jackson. Au même titre que Bob Dylan et Bruce Springsteen ont étés touchés par Elvis Presley.

Même la musique classique lui rend hommage, en la personne de violoncellistes comme Stjepan Hauser et Luka Sulic (Smooth Criminal).

C’est peut être pour cela qu’on se souvient de leurs reprises, car finalement, elles détonnent par rapport aux reprises entendues milles fois, et aux concours de sosies et de chants tellement présents depuis 2 ans.

En danse, Michael Jackson a eu peut être plus d’influence encore. Encore une fois, on observe le phénomène dans de nombreux domaines de la danse. Mais, depuis 2009, de nombreux performers ont éclatés, presque tous affublés du nom « Jackson » derrière leur identité pré nominale pour bien indiquer leur filiation.

Un des cas les plus intéressants est celui de Valdo Jackson. Né en 1984, il est issu de la banlieue parisienne. Son enfance et son adolescence est conçu dans des univers troubles, de crise, ou les espoirs pour les jeunes sont déçus, et dans un contexte de crise économique et du libéralisme.

Dans ses banlieues, le seul motif d’espoir, de s’en sortir, c’est l’art. Et au début des années 80, c’est Michael Jackson qui incarne cet espoir. Valdo découvre bien sur Michael dès son plus jeune âge (4 ans), successivement les albums Bad, Thriller puis Dangerous (6 ans), un album qu’il affectionne tout particulièrement.

Adhérant tout de suite, il cherche donc à reproduire les pas de son idole, rappelant encore que Michael Jackson était un formidable danseur. Ce mimétisme fait partie de sa passion pour Michael Jackson. Il décide donc de devenir performer Michael Jackson, voulant rendre hommage à son idole car comme il le dit : « Michael Jackson, c’est toute ma vie ».

C’est à 24 ans que le jeune homme décide de se professionnaliser. La mort de son idole a précipité les choses. Il décide donc de « créer un spectacle en son honneur », c’est avec l’association A.D. Productions, qu’il réalise son rêve.

Cela dit, il faut bien noter que cette tentative n’est pas une tentative de simple imitation.

Il s’agit véritablement d’une création originale. Les chorégraphies sont nouvelles, inspirées des pas de Jackson, comme le moonwalk, mais aussi plein d’autres.

Ces nouvelles chorégraphies sont aussi organisées de façon originale, avec une bande son qui, si elle ne néglige pas les « Incontournables », met en lumière des titres peut-être moins connus du grand public, permettant assurément une meilleure cohérence.

L’objectif du spectacle est aussi de rendre hommage à l’homme Michael Jackson, avec ses idées, ses engagements… D’où la présence de chansons comme Will You Be There, They Don’t Care About Us, ou encore Earth Song. Ca Car, c’est aussi là l’essence même de la rencontre entre Dominick, président d’A.D. Productions et Valdo Jackson.

Deux fans de Michael Jackson, partageant la même idée de Michael Jackson : ils souhaitent travailler dans ce qu’on a coutume d’appeler l’esprit de Michael Jackson. Ce point commun, une admiration pour Michael Jackson et un amour de son travail comme de son intellect les poussent à adopter des structures communes : ainsi, le perfectionnisme est de rigueur, comme pour Michael Jackson.

Un perfectionnisme salué par Thomas Prouteau, journaliste à RTL, déclarant « Des pros comme Valdo et une technique impressionnante appris dés l’âge de 6 ans, Valdo un inconditionnel du roi de la pop…. » ou encore Yannick Bobard du Parisien, « Valdo Jackson, spécialiste des chorégraphies de la star, enfile sont costume et son gant à paillettes pour revisiter avec brio les deux tubes “Smooth Criminal” et “Billie Jean”…. ».

De même, la ténacité du travail de Valdo comme le faisait Michael Jackson (rappelons-nous le film This Is It) force le respect pour les profanes de la danse que nous sommes.

Les répétitions et l’organisation des chorégraphies sont faites dans la tradition de l’humanisme de Jackson. Et même leur tempérament personnel est cadré sur celui de Michael. Au final, à travers leurs shows, qui peuvent être présentés dans toute la France, et émaillée parfois de stages pour apprendre à danser « comme » Michael Jackson. Stage danse Michael Jackson édition Billie Jean.

Valdo Jackson et Dominick nous offrent un hommage pur, sans faire dans l’imitation, et en se plaçant dans la ligne droite des plus grands danseurs de nos temps, donc dans la lignée de Michael Jackson.

Cette initiative n’est pas la seule présente sur le « marché ». Mais, c’est une initiative qui est, somme toute, assez originale et fidèle à l’esprit de « Michael », pour permettre d’être soulignée.

Par ailleurs, le monde des fans de Michael Jackson fut aussi bouleversé, durant ces deux dernières années. Comme ce fut le cas pour les grands artistes comme Presley ou Lennon. Inévitablement, des tensions ont surgis pour définir les « vrais fans », les « vraies innovations », des fausses, jamais véritablement désintéressées et souvent assez motivées par l’argent. De nombreux conflits ont éclatés sur des projets controversés, comme « l’affaire W9 ». Mais, la sortie de l’album posthume de Jackson, « Michael », est un des plus fameux : on a alors accusé Sony de ne pas faire entendre la vraie voix de Jackson, ce qui, repéré par de nombreux fans, à susciter de grandes conversations enflammées et discrédit de Sony.

Sans compter bien sur les réactions de négation de la mort ou d’assassinat (notamment par le Dr. Conrad Murray), faisant de la mort physique de Michael une véritable saga et une affaire judiciaire. Comme pour entretenir encore et encore le mythe par des débats  ayant pour seul et unique motivation l’aspect mercantile.

Qu’importe les conflits, réels ou non dans toute communauté de fans. De belles initiatives, comme celle de Valdo Jackson ont vu le jour, pour faire encore rêver les fans étrangers aux grandes responsabilités dans les communautés de fans, le « quidam » des fans. Pour faire encore régner l’esprit humaniste de Michael Jackson, le grand homme. Fondateur d’une culture urbaine, mais « étranger comme E.T. », ce personnage qui n’avait jamais voulu la célébrité en est devenu une, « superstar planétaire ». Dans la vie comme dans la mort.

A consulter :   – le site d’A.D. Productions, ou vous pourrez trouver de nombreuses informations concernant Valdo Jackson

– SAINT BRIS Gonzague, Au paradis avec Michael Jackson, 2010, Presses de la cité (Livre biographique très détaillé sur l’esprit de Michael Jackson)

Michael Jackson raconté par Georges Lang

By Mickael Chailloux

Source : Le Peuple du Rock / Michael Chailloux

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »